| |
"Aujourd'hui, je suis persuadée, que, même si nos traits
de caractères sont inscrits génétiquement, on est capable
de les modifier."
Je m’appelle Nathalie, j’ai 37 ans et je suis française.
J’exerce le métier d’infographiste dans le secteur de la
Publicité et de l’Edition depuis bientôt 15 ans. C’est
un domaine qui m’a toujours passionné, et vous verrez dans le témoignage
ci-dessous combien il est parfois difficile de s’affirmer dans notre société
quand on veut réaliser un rêve d’enfant et que l’on
ne suit pas le chemin que nos éducateurs auraient voulu que l’on
prenne.
Si je remonte à ma plus tendre enfance - et ceci avec beaucoup de recul
- je peux dire que l’éducation que j’ai reçue fut
assez restrictive, dans le sens où on ne m’a pas souvent laissé
entreprendre de grandes choses.
Je suis issue d’une famille plutôt modeste, et j’ai habité
dans une ville moyenne, où tout le monde se connaît et où
les rumeurs courrent très vite. L’ambition de ma mère, qui
m’a élevé seule depuis que j’ai eu 10 ans, était
que je suive son propre chemin professionnel, c'est-à-dire travailler
dans l’Administration afin d’avoir la sécurité de
l’emploi. Mais mes objectifs étaient tout autres, et beaucoup d’évènements,
que j’ai pour certains provoqués, ont joué en ma faveur.
Déjà, pour mieux me situer : je suis née 14 ans après
ma sœur aînée et 7 ans après ma deuxième sœur…
Autant vous dire que mes parents attendaient plutôt un garçon en
troisième position ! J’étais le bébé à
retardement d’un couple qui s’était lassé de vivre
ensemble, et j’ai été élevée comme un garçon,
car c’était leur vœu le plus cher. Je dois dire que ça
avait certains avantages dans ma petite enfance, car j’avais acquis une
certaine puissance qui me donnait des droits que certaines filles n’avaient
pas. Ainsi, j’étais devenue la meilleure joueuse de billes de mon
école, et j’empochais les victoires fièrement, la tête
haute. Je préférais les rallyes de voiture aux poupées
et aux chiffons, j’étais assez casse cou, car je suivais le sillage
de mon père, qui était très proche de moi. J’ai gardé
quelques photos de cette époque là, et ça m’arrive
parfois de rire en me voyant, tellement je ne me reconnais plus !
Quand mon père est mort (j’avais 10 ans), j’ai du affronter
une étape très difficile et j’ai été confrontée,
dans ma famille, à une majorité de femmes qui voulaient me faire
prendre des voies autres que celles que je souhaitais. Mon père m’avait
élevé avec des valeurs de courage, de goût du risque ou
de volonté d’entreprendre pour réussir. Et je me retrouvais
alors devant des personnages différents qui voulaient me faire oublier
dix années de ma vie et me modeler à leur image. J’étais
fière de mon père et mon esprit rebelle s’est alors mis
en branle ; toutes les décisions que j’ai prises à cette
époque ont guidé ma vie jusqu’à aujourd’hui,
du choix de mon métier à celui de ma religion ou de mon mode de
vie. Personne n’a pu aller à l’encontre de ça, car
j’avais acquis une certaine confiance en moi… et que les autres
s’apercevaient que les portes s’ouvraient naturellement devant moi.
Ces valeurs plutôt masculines m’ont certes lancé dans la
vie, mais j’ai beaucoup souffert de mon manque de « féminité
» lors de l’adolescence, car je me sentais rejetée par mes
camarades. Je pensais différemment, j’agissais différemment,
j’étais attirée par des images féminines et douces
ou par les homosexuels… Je sentais au fond de moi de la sensibilité,
de la douceur, mais je m’habillais comme un garçon, mon raisonnement
mental était celui d’un garçon… Il y avait un certain
décalage entre ce que j’étais vraiment, et ce que j’étais
devenue de par mon éducation. Paradoxalement, je me suis beaucoup plus
inspirée d’amis homosexuels pour changer mes comportements et pour
apprendre à me mettre en valeur ; je m’amusais beaucoup avec eux
et je me reconnaissais en quelque sorte en eux : ils étaient nés
hommes, mais leurs gênes étaient ceux d’une femme, et pour
moi, j’étais née femme, je me sentais très femme
dans ma génétique, et l’éducation m’avait rendu
masculine.
L’emprise familiale a été longtemps très forte, et
j’ai du former autour de moi une carapace pour pouvoir protéger
mes idées et voir éclore les objectifs que je me fixais. Cette
carapace m’a rendu peut–être plus dure, mais c’était
une étape pour arriver à qui je suis aujourd’hui, après
avoir choisi notamment les études qui me correspondaient. Le métier
que j’exerce actuellement a énormément fait ressurgir les
qualités féminines qui dormaient en moi, car il fait appel au
sens artistique ; certaines sont très appréciées et même
enviées, car difficiles à acquérir par la majorité
des hommes, comme la sensibilité, la délicatesse, l’intuition,
la compréhension. Mais c’est aussi un métier où il
faut savoir vendre ses idées, donc exercer un certain pouvoir pour se
faire entendre. C’est d’ailleurs très complémentaire
et très enrichissant de s’adapter en fonction des situations.
Je suis globalement satisfaite de ma vie ; je fais le métier que j’ai
toujours voulu faire, même si je l’ai acquis par une forte personnalité,
je me développe comme une femme bien de son temps, ouverte à son
environnement et suivant l’évolution des mentalités, je
remplis mon « travail » de mère (j’ai une grande fille
de 17 ans) avec le plus de conscience possible. Je me considère comme
une femme moderne qui ne renie pas les avantages que lui a apportés son
éducation, et qui tente de rendre ce monde plus délicat, tout
en se développant constamment elle-même dans ce sens là.
Aujourd’hui, je suis persuadée que, même si nos traits de
caractères sont inscrits génétiquement, on est capable
de les modifier. On est capable d’acquérir des qualités
qui ne sont pas forcément les nôtres au départ, et de jouer
avec pour notre propre bien et celui du monde qui nous entoure.
Notre monde actuel a besoin de plus de raffinement pour développer des
idées de paix et d’harmonie. Ce n’est pas une utopie de dire
que la féminité (ou plutôt les valeurs féminines,
car ça ne concerne par forcément que la femme) est une étape
nécessaire dans l’avenir de l’humanité ; il suffit
d’y croire très fort et d’engager des actions dans ce sens,
pour voir notre environnement changer positivement.
J’espère que mon témoignage personnel vous incitera à
développer, vous aussi, les valeurs féminines qui dorment en vous…
car c’est certain, elles sont là et vous attendent.
Nathalie
TÉMOIGNAGES:
|
|
|
|
|
|
NAVIGATION RAPIDE :
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|